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Lola, reine des porcs

Depuis une quinzaine d’années maintenant, la domination porcine, l’Utopia Porcina, est globale, d’Hamgrad à New York. À Broadway, deux anthropiens, Lola et son pianiste Norbert, tentent de survivre en tant qu’artistes en suivant les directives de leur impresario, Salami Menschfresser, un porcin sans scrupule, qui n’hésite pas à vendre pour quelques dollars les charmes de la pauvre Lola. Résignée, elle supporte les ignobles assauts porcins tant ceux-ci lui permettent d’améliorer sa triste condition. Ainsi, de producteur en réalisateur en passant par le censeur du gouvernement, Lola se trouve par chance propulsée héroïne de la nouvelle superproduction de la Hamprod : Bowery Nightmare.
Si Hamgrad 2035 : Karaganda, le dernier ouvrage de Martes Bathori, nous détaillait par le menu le sort monstrueux des anthropiens (le terme d’humain n’ayant plus de sens) dans l’industrie agro-alimentaire d’Utopia Porcina, avec Lola, reine des porcs nous découvrons que le sort réservé aux humains survivants parmi les porcs n’est certainement pas beaucoup plus enviable : esclaves de tout les caprices porcins sous peine de finir en pâtés, ils sont obligés de faire preuve d’une capacité́ d’adaptation infinie. Martes Bathori à choisi cette fois d’observer l’affreuse dystopie qu’il a créé à travers trois archétypes : Norbert, le pianiste timoré́, jouet du hasard et d’une truie fortunée; Piotr, l’acteur cynique cantonné aurôle de méchant anthropien, fantasme des spectatrices en mal de frayeur et surtout Lola, starlette à la limite de la décrépitude, abusée et désabusée. Trois artistes donc, mais il n’est jamais question d’art - de divertissement tout au plus - mais surtout d’arrangements, de transactions et de corruptions au centre desquelles Lola sert de monnaie d’échange plus ou moins consentante.
Comme toujours, Bathori ne nous épargne rien et n’hésite pas à nous montrer le plus crûment possible les ébats sexuels entre porcins et anthropiens : les sexes, les secrétions, les flatulences ; seul son sens inné́ du grotesque permet de mettre tout cela à distance et de le rendre supportable. « À quoi bon ? » pourrait-on opposer. Certains sujets sont tellement abstraits, tellement irréels que pour les dénoncer la caricature ne suffit plus et que l’artiste doit en appeler à l’outrance. Martes Bathori jette à la face du lecteur l’horreur de l’exploitation du corps des femmes dans l’industrie du divertissement.

INFOS TECHNIQUES

144p, bichromie,
broché
ISBN 978-2-916049-80-9
Sortie octobre 2020
20€

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